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Forges & Fonderies

Pas Lu — Trop Long : L’avenir des Forges est aujourd’hui questionné avec l’irruption des Agents de code. Le partage des tâches et des usages entre Humains d’une part (Forges classiques et Forges métiers) et Bots d’autre part, se pose dans un contexte où des alternatives aux Forges sont actuellement en cours d’expérimentation.

Avant les Bots

Avant même que des hordes de (ro) bots mus par des LLMs n’envahissent le web et se mettent à « travailler » dans nos Forges, il existait déjà des « bots logiciels » (Software bot), pour qui veut bien s’en souvenir, et l’un des plus connus n’étant pas moins que le fameux Renovate Bot, également à l’œuvre chez Forgejo, par exemple.

Évidemment, ces « bots » n’étaient pas dotés de la même « intelligence » (ou de la même bêtise si vous voulez) que leurs cousins dits « génératifs ». Malgré tout, ils forment, avec leurs descendants immédiats, des « agents semi-autonomes » qui participent aux activités d’une Forge. De récentes actualités nous montrent qu’un nouveau type de plateformes vient questionner l’avenir même des Forges. Raison pour laquelle il semblait intéressant d’ouvrir cet exposé en les mentionnant.

Des chaînes de montage

Commençons cette exploration par une définition, car il s’agit du thème central de cette journée : une « Fonderie » est une « Usine où l’on fabrique des objets en métal fondu ». Ici tous les mots ont leur importance, alors commençons par le commencement.

Depuis que la page Wikipédia d’« Usine-IA » a été supprimée, l’idée même d’Usine-IA s’est trouvée orpheline d’une métaphore qui viendrait la placer aux côtés de sa « complémentaire », la Forge. Certes, l’image de l’usine ne fait pas nécessairement rêver, même si le principe d’une « infrastructure applicative basée sur un LLM », en tant qu’usine logicielle « augmentée » renvoie bien à cette terminologie.

Il faut reconnaître que dans ce domaine lexical, la confusion règne. Des candidats alternatifs ont bien été essayés — tels que celui de Studio-IA par exemple — mais que faire quand des acteurs, même européens, se nourrissent d’un flou qui vient souffler sur un feu consumant l’idée de Forge ? Nous en appelons donc aujourd’hui à la Fonderie, et cela n’a rien de commun avec une certaine « Foundry » anglo-saxonne, quand bien même elle serait issue de l’honorable maison mère de Richmond …

Forges en eaux troubles

Alors pourquoi s’intéresser aujourd’hui aux Fonderies — ou aux Usines si vous préférez ? Rappelons, dans ce préambule-fleuve, quelle est la situation chez les Autres Forges,

Dans un billet intitulé « GitLab Acte 2 », publié en mai 2026, la société éditrice de cette Forge et concurrente de GitHub annonce une restructuration en profondeur de ses activités. Et cela concerne évidemment, encore un de ces « Pivots » vers l’« IA ». Du point de vue de la communauté des Forges en France, ce bouleversement annoncé a eu pour répercussion immédiate un « pivot vers Forgejo ».

Du côté de GitHub, même si les Agents de code (Copilot) sont une réalité depuis 2021, la situation n’en est pas moins problématique et pour de nombreuses raisons comme en témoigne cet article de l’Usine digitale intitulé « GitHub en eaux troubles : Entre pannes récurrentes, failles de sécurité, départs de ses dirigeants et concurrence féroce des acteurs de l’IA … Microsoft peut-il encore le sauver ? » (mai 2026) — voir également sur HN ces deux fils de discussion.

Après les Forges

Pour certains, les Forges seraient devenues obsolètes avec l’émergence du « vibecoding ». Pour d’autres au contraire, elles seraient devenues un « refuge » pour les Humains au milieu d’un raz de marée écologiquement et logiquement désastreux. Chez Codeberg.org notamment, des discussions et un vote des adhérents concernent actuellement cette thématique, avec à la clé une possible interdiction sur la plateforme des projets vibecodés. (voir Protecting our FLOSS commons from LLMs)

Pour d’autres en tout cas, l’heure est au développement de nouvelles « Forges pour Bots » (des Fermes ^^ ?) comme en témoigne l’annonce du projet « Origin » par Cursor avec ce sous-titre évocateur : « A git forge for the agentic era. Code is moving faster than any infrastructure was built to handle. Origin was designed for this moment.». Le projet Entire quant à lui, annonce un « git-compatible database that unifies code, intent, constraints, and reasoning in a single version-controlled system; a universal semantic reasoning layer that enables multi-agent coordination through the context graph ».

Prémâcher le système

C’est dans ce contexte que nous proposons d’ajouter aux réflexions sur l’IAG, et à ces débats parfois enflammés, la question des Forges, et des Fonderies donc. Comme déjà évoqué sur le Forum et sur la Liste (voir cette archive), la question de la génération de code, de sa classification et de son archivage en vue d’être réemployé, est une question ouverte qui semble correspondre aux promesses annoncées par les « Forges pour Bots » ou par des projets de « mise en graphe » des codes (voir par exemple codegraph.codes).

Nous proposons donc d’organiser cette nouvelle Journée du Groupe autour de la thématique des Fonderies comme sujet d’étude et comme prétexte pour évoquer les « environnements de Forges » avec le cortège des thématiques habituelles telles que : infrastructures (déploiement, sauvegardes, protections anti-bot et dénis de service), automatisation (intégration continue, usines logicielles), fédération (décentralisation et protocoles distribués).

Nous proposerons notamment, en complément d’autres projets proposés par les membres du Groupe, de prendre le projet Tablette (un projet d’« application générative » qui sera « généralisé » d’ici septembre) comme terrain d’étude de ces nouveaux contextes où du code est généré et archivé (comme ici par exemple).